Introduction

Tout a commencé il y a presque dix ans, lors de mon premier restaurant coréen à Paris (Woo-Jung), où je découvris le bonheur de cette cuisine bien spéciale. Ce fut le coup de foudre. Continuant avec les films, les livres, et encore les restaurants, je m'imprégnais petit à petit de la culture, qui me devenait de plus en plus familière, à la fois attachante par ses particularités, et mystérieuse par l'intensité - et la violence parfois - des sentiments qu'elle exprime.
Une culture qui en tout cas n'a cessé de creuser en moi une grande curiosité, et qui m'a donné envie d'y mettre les pieds pour sentir par moi-même cette force, pour rencontrer ses habitants, ses mœurs, son histoire, ses paysages, son quotidien...

C'est en Mai 2008 que j'ai pu enfin me permettre cette découverte, pendant trois semaines.

Dans ce blog, qui se présente comme un carnet de voyage, je partage mon point de vue sur ce voyage, à travers mes photos et commentaires. Il se lit de haut en bas (sens inverse des blogs dont les derniers billets sont toujours placés en première position), dans l'ordre à peu près chronologique de mon voyage. J'espère, au fil des billets, vous donner l'impression de vous être embarqués dans un wagon express pour la Corée.

Bonne visite!

Contraste

Photobucket

Photobucket

Ce qui frappe lorsqu'on arrive à Séoul, c'est le contraste omniprésent. Ville/campagne, traditionnel/moderne, Richesse/pauvreté. Dans un même quartier, on voit un vieux taudis qui fait office de gargote, collé à un immeuble dernier modèle de quinze étages. Dans une même station de métro, une très vieille dame vend du gingembre frais par terre, derrière un homme d'affaire pressé qui attend son train en gigotant d'impatience. Dans une même rue, un vendeur ambulant de Toppoki (expliqué plus loin) se tient devant une boutique très moderne de portables derniers cris. Séoul est une grande ville entourée de montagnes : en quelques stations de bus on peut passer de la cohue urbaine au silence des montagnes. Ces contrastes sont surprenants. Il faut dire que la Corée s'est énormément développée en trop peu de temps, comme une flèche, laissant de côté beaucoup de gens et de bâtiments, qui n'ont pas pu suivre.

Ces contrastes reflètent une réalité sociale pas toujours très heureuse, mais sont tout de même excitants pour le visiteur qui se trouve propulsé dans un tourbillon de sensations.

Autre chose amusante : les couche-tard sont ici servis, puisque l'activité humaine semble ne jamais s'arrêter le soir venu, beaucoup de quartiers restent animés toute la nuit jusqu'à l'aube, tandis que les livreurs matinaux prennent ensuite le relais. Il suffit de voir les bars et les restaurants pour comprendre que les Coréens aiment sortir le soir et veiller jusque tard. Même si le métro s'arrête tôt, les taxis sont assez bon marché pour pouvoir rentrer à pas d'heure. En revanche, en pleine journée, on en croise beaucoup qui récupèrent comme ils peuvent, dans le métro entre cinq stations, dans les parcs, et même dans leur stand au marché, attendant qu'un client les interpelle. Contraste agitation/quiétude!

Dakkalbi

Une chose étonnante aussi, c'est d'une part la quantité de lieux de restauration qui existent dans chaque quartier. Du stand ambulant à la gargote, en passant par les petits restaurants modestes et les restaurants chics, on peut ne peut pas se plaindre du choix qui nous est offert à chaque fois, on se dit qu'on ne pourra jamais mourir de faim. C'est d'autre part le fait que les Coréens mangent à n'importe quelle heure de la journée!

Mon premier repas en arrivant : le Dakkalbi sur plaque chauffante, formule rapide à seulement 3500 won (environ 2.20 euros)! Le Dakkalbi consiste à faire griller du poulet émincé mariné à la sauce pimentée, sur une plaque avec des légumes. Dans cette formule spéciale déjeuner, on grille tout ensemble avec le riz, en mélangeant bien. Servis avec du kimchi et du radis blanc mariné pour soulager le palais de ses coups de chaud. Un exemple de plat très simple, très bon marché, mais tellement bon!

Toppoki

Photobucket

Photobucket

Rien que le nom, ça titille. Toppoki, je mets volontairement deux "p" parce que ça se prononce en doublant cette lettre, ce qui donne une impression de rebondissement. On en trouve partout dans les rues, c'est de la pâte de riz en forme de macaroni, mais attention, ça baigne dans une sauce très rouge, aussi piquante que l'intensité de sa couleur! Les Coréens en sont très friands, ils en mangent à n'importe quelle heure, pour grignoter. Entre amis, en couple ou seul à la sortie du travail. J'adore ce genre d'endroits éphémères où se croisent des personnes très différentes. Comme si le plaisir de grignoter unifiait la population pour un temps.

Une chose est sûre, c'est que les Coréens ADORENT manger!

Le métro

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Le métro à Séoul est très bien fait. Il ressemble au métro japonais, dans le style visuel, mais en beaucoup moins compliqué. Le réseau est, c'est sûr, moins fourni, moins de lignes, et moins de divisions de ligne. Mais tout est coloré de manière cohérente et pratique. Vous voyez par exemple une bande verte au sol du wagon sur la deuxième photo, ainsi que sur l'extérieur du wagon, eh bien c'est la couleur de la ligne! Un moyen supplémentaire de vérifier qu'on ne s'est pas trompé de train. Pour les correspondances, il suffit de suivre les couleurs, et puis de toute façon tout est traduit en lettre latine, on s'y repère très vite.
Les photos ont été prises à une heure de faible affluence, mais lorsque c'est bondé, ça peut être violent... Et détrompez-vous, les plus coriaces sont les vieux (surtout les vieilles dames)! Il faut voir comment les jeunes s'écartent à la vue d'une bombe sénior qui pousse tout le monde à coups de coudes.

Ici, quand y a personne, on fait comme à la maison :

Photobucket

Photobucket

Et y a qu'en Asie qu'on verra des gens attendre le métro dans cette position,
alors qu'il y a des bancs libres juste derrière :

Photobucket

photos 3 et 5 : Yuberu san

Dans la rue

Sur mon chemin, j'ai croisé beaucoup de vendeurs ambulants. C'est fou comme ça anime les rues! Quelques exemples....

Une vendeuse de paniers en paille :

Photobucket

Trois vendeuses de Ho-tok (crêpes coréennes sucrées,
très populaires et consommées surtout en hiver parce que bien nourrissantes).
Apparemment ce stand est réputé : à chaque fois que je passais devant,
il y avait une queue d'une quinzaine de personnes! :

Photobucket

Photobucket

Un diseur de bonne aventure
(il y en a encore beaucoup dans les rues et sur les marchés en Corée,
j'ai l'impression que c'est encore très populaire,
les jeunes filles aiment y aller entre copines!) :

Photobucket

Une vendeuse de fines crêpes sucrées aux haricots rouges :

Photobucket

Une brodeuse :

Photobucket

Une vendeuse de fruits de mer séchés :

Photobucket

Photobucket

Un spécialiste de céréales!

Photobucket

Une vendeuse de smoothies que les jeunes filles
aiment boire en marchant dans la rue :

Photobucket

Photobucket

Samgyupsal

Le Samgyupsal est aussi une grillade de viande, mais de certaines parties du porc cette fois, comme les côtes, le ventre ou le dos. Les morceaux ont l'air gros, mais une fois grillés ils sont coupés par le serveur en plus petit. Sur la plaque on fait griller aussi du kimchi. Lorsque la viande est grillée, on prend un morceau de feuille de salade, on y pose la viande, un petit bout de kimchi, un peu de tofu, d'autres types de verdure au choix, et on trempe le tout dans différents assaisonnements au choix aussi. Un régal.
Au fait, petite précision, la plaque penche vers le bas à gauche, pour faire tomber dans un récipient le gras que dégage la viande en grillant. Contrairement au Bulgoki (barbecue boeuf), ce gras-là ne se mange pas.

Photobucket

Ah oui, autre précision : beaucoup de grillades en Corée sont servies (en plus du riz et de quelques condiments) avec un Chigae, sorte de soupe en marmite, souvent au kimchi :

Photobucket

Cela m'amène d'ailleurs à préciser que 99% du temps, où que l'on mange, on dispose toujours à la fois d'une cuillère et d'une paire de baguettes. Explication : il y a toujours sur la table, étant donnée la diversité de ce qui la constitue, des choses qui se mangent généreusement avec une cuillère (le riz, les soupes...) et d'autres choses qui se picorent plus finement avec les baguettes. Attention, si les Japonais mangent toujours le riz blanc avec les baguettes en tenant le bol dans la main, les Coréens le mangent avec une cuillère, et sans lever le bol de la table!
Avant d'aller en Corée, lorsque j'allais au restaurant coréen, je me trouvais souvent maladroite pour passer de l'un à l'autre des couverts. Mais là-bas, en observant les gens manger, j'ai appris à les alterner avec plus de naturel, ou encore à tenir les baguettes de la main droite et la cuillère de la main gauche. Mais ça n'a pas été facile, et d'ailleurs il faut que j'entretienne ce savoir-faire... pour ne pas oublier!

Bongeunsa

Bon, puisque ça fait partie de la découverte, et que c'est très beau, faisons un petit tour dans le temple Bongeunsa, dans le quartier de Gangnam. Ce quartier est assez bourgeois et moderne, ce qui explique les grandes tours autour. Ce que j'ai adoré dans les temples coréens, ce sont leurs couleurs. Vous allez voir à travers ces photos, ce mélange de vert turquoise, de rouge et de jaune. J'aime aussi leurs motifs. Je trouve que l'esthétique coréenne se situe joliment entre les couleurs vives du style chinois, et la finesse et la sobriété du style japonais. Très réussi!

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Pour le défilé



Dans ce même temple Bongeunsa était exposée une série d'œuvres en papier qui allaient servir pour un défilé festif. Ces grandes figures, entièrement fabriquées à la main, allaient en effet être allumées de l'intérieur, comme des lanternes, et défiler. La plupart d'entres elles étaient ici exposées en intérieur, allumées. Admirez le style et les couleurs!